« Degas disait souvent que tout serait parfait si l’on pouvait être laissé tranquille, sans critiques, sans marchands, sans Salons, sans journalistes, sans hommes de lettres. Et il y a quelques raisons de croire qu’il le pensait vraiment. Peindre et appuyer les toiles contre le mur. Y revenir des heures plus tard -ou des décennies après (comme avec Melle Fiocre). Ne pas les faire sortir de la maison – et, une fois qu’elles étaient sorties, trouver des prétextes pour les reprendre et les retoucher. C’était là le rythme qui lui convenait. »

Roberto Calasso, La folie Baudelaire

« Quelle nouvelle a frappé mon oreille? » Phèdre de Racine

« Io, Théléphassa, Europe, Argiopé, Pasiphaé, Ariane, Phèdre. Ces noms nous parlent d’un visage large, très pur, resplendissant, qui éclaire de loin et nous éclaire tous, comme la lune. –Pâles et grandes figures, terribles, solitaires, sombres et désolées, fatales amantes, mystérieuses condamnées aux hontes titaniques. Que deviendrez-vous ? Quelles destinées seront les vôtres ? Où pourront se cacher vos formidables amours ? Quelles terreurs, quelles pitiés vous inspirez, quelles tristesses immenses et stupéfiées vous éveillez chez l’Être humain appelé à contempler tant de honte, d’horreur, de crimes et d’infortune – dit Gustave Moreau. »

Roberto Calasso, Les noces de Cadmos et Harmonie