« Mon mal vient de plus loin. » Phèdre de Racine

 » (…) Phèdre n’est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente. Elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux dans une passion illégitime dont elle a horreur toute la première. Elle fait tous ses efforts pour la surmonter. Elle aime mieux se laisser mourir que de la déclarer à personne. Et, lorsqu’elle est forcée de la découvrir, elle en parle avec une confusion qui fait bien voir que son crime est plutôt une punition des dieux qu’un mouvement de sa volonté. »

Jean Racine, Préface de Phèdre

« Quelle nouvelle a frappé mon oreille? » Phèdre de Racine

« Io, Théléphassa, Europe, Argiopé, Pasiphaé, Ariane, Phèdre. Ces noms nous parlent d’un visage large, très pur, resplendissant, qui éclaire de loin et nous éclaire tous, comme la lune. –Pâles et grandes figures, terribles, solitaires, sombres et désolées, fatales amantes, mystérieuses condamnées aux hontes titaniques. Que deviendrez-vous ? Quelles destinées seront les vôtres ? Où pourront se cacher vos formidables amours ? Quelles terreurs, quelles pitiés vous inspirez, quelles tristesses immenses et stupéfiées vous éveillez chez l’Être humain appelé à contempler tant de honte, d’horreur, de crimes et d’infortune – dit Gustave Moreau. »

Roberto Calasso, Les noces de Cadmos et Harmonie