Suzanne Lilar, Une enfance gantoise

« Mais chaque matin, (les oiseaux) chantaient gratuitement. Ils saluaient l’aurore et la lumière. Ils célébraient la gloire des cieux. Ils rendaient louange à Dieu. (…) Ainsi font les poètes. (…) Ils se servent du langage comme nous pour dire qu’ils ont soif ou faim. Mais s’ils sont saisis et transportés par la beauté du monde, ce langage alors s’élève et la parole devient chant. »

« Je connus le froid et la faim mais j’en souffris moins que de la confusion des valeurs. »

« (…) j’avais commencé d’apprendre que nos actes deviennent cérémonie pour peu qu’un hasard ou une fervente disposition les viennent rattacher à leur signification primordiale. »