Pascal Quignard, Les Larmes

« Je suis sorti d’une femme et je me suis retrouvé face à la mort. Où se perd mon âme dans la nuit ? Dans quel monde réside-t-elle ? »

« Si l’on veut éviter la mort, il faut se mettre à genoux, chaque soir, au bas de sa couche de fougères ou de son lit de paille, et réciter dans son cœur la comptine qui convient aux myrtilles. » 

« (…) la face si nue et si plate et si épouvantée des humains. » 

« Les lichens forment des landes où s’avancent les petits escargots qui sont autant de petits cavaliers francs aux caparaçons tortillés et brunâtres qui envahissent le monde et s’y sont rétrécis. La mer naît de leur bave. » 

« On ne sait pas ce que peut signifier ce cri que la mer pousse infiniment dans l’espace à rien qu’on voit, si loin avant que les oreilles existent, si loin avant que la vie elle-même naisse sur la planète au fond des différents océans énigmatiques de la mer unique sinon homogène qui la ceint. »

« Pourquoi y eut-il tant de sons avant que les pavillons se dessinent le long des parois des visages, se percent, s’ouvrent ? » 

« D’où viennent les bois dans les ramures ? »