Gaston Compère, Je soussigné, Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne

« Ma destinée fut de descendre dans un entonnoir. J’en sortis dans la nuit. »

« On va, on vient, on est rien, ou presque, on passe dans les pierres, dans les arbres, dans les ventres des femmes fécondées, on est nuage, sel broyé, eau vive, améthyste, raclure, harnais, pourriture – rien en fait, de vieux rêves effilochés, de la dorure dédorée, la miniature sous le papier de verre, la gouache sous la pluie, le livre moisissant dans la bibliothèque. »

« Forêt, je m’enfonce dans ta chair verte et ta sève luminescente. »

« Ils dorment, ils mangent et boivent, ils excrètent, ils aiment, ils parlent, parce qu’il est dans leur nature de se livrer à tout cela, et de marchander, et de trahir, et de tuer, et d’user de la vie comme ils en usent. »

 » (…) tous ces hommes fermés sur leurs petits désirs, leurs convoitises sordides, leurs ambitions imbéciles, leurs espérances fades, leurs rêves écœurants… J’aurai été la victime des mouches. »

« À quoi est-ce que j’obéis pour l’instant sinon aux impulsions accidentelles d’une âme qui ne se résout pas à rentrer dans l’universel assentiment à l’horizontal, au plat, au repos (…) »

« La musique me dévoilait toujours un abîme et, en même temps, calmait l’angoisse qui m’en venait. »

« Qui nous trompe? Si j’étais encore des vivants, je dirais que la suprême habileté de Dieu est de nous persuader de notre liberté. »

« Et à quoi étais-je destiné sinon à redevenir poussière sous quelque dalle sculptée ? »