Simone Weil, La pesanteur et la grâce

« Aimer Dieu à travers la destruction de Troie et de Carthage, et sans consolation. L’amour n’est pas consolation, il est lumière. »

« Il ne faut pas pleurer pour ne pas être consolé. »

« Un mode de purification: prier Dieu, non seulement en secret par rapport aux hommes, mais en pensant que Dieu n’existe pas. »

« Le temps, à proprement parler n’existe pas (…) et pourtant c’est à cela que nous sommes soumis. Telle est notre condition. Nous sommes soumis à ce qui n’existe pas. »

« C’est une lâcheté que de chercher auprès des gens qu’on aime (ou de désirer leur donner) un autre réconfort que celui que nous donnent les œuvres d’art, qui nous aident du simple fait qu’elles existent. »

« (…) l’amour qu’on voue aux morts est parfaitement pur. »

« L’attention absolument sans mélange est prière. »

« Le regard et l’attente, c’est l’attitude qui correspond au beau. »

« Le théâtre immobile est le seul vraiment beau. »

« Le beau est la preuve expérimentale que l’incarnation est possible. »

« Dès lors, tout art de premier ordre est par essence religieux. »

« Il faut bien que nous soyons maudits, puisque nous avons perdu toute la poésie de l’univers. »

« Tout homme est esclave de la nécessité, mais l’esclave conscient est bien supérieur. »

« La relation sort violemment du social. Elle est le monopole de l’individu. La société est la caverne, la sortie est la solitude. »

« La méditation sur le mécanisme social est à cet égard une purification de première importance. »

« D’où nous viendra la renaissance, à nous qui avons souillé et vidé tout le globe terrestre? Du passé seul, si nous l’aimons. »