« Je tourne à une espèce de mysticisme esthétique (si les deux mots peuvent aller ensemble), et je voudrais qu’il fût plus fort. Quand aucun encouragement ne vous vient des autres, quand le monde extérieur vous dégoûte, vous alanguit, vous corrompt, vous abrutit, les gens honnêtes et délicats sont forcés de chercher en eux-mêmes quelque part un lieu plus propre pour y vivre. Si la société continue comme elle va, nous reverrons, je crois, des mystiques comme il y en a eu à toutes les époques sombres. Ne pouvant s’épancher, l’âme se concentrera. »

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, 4 septembre 1952.

« Degas disait souvent que tout serait parfait si l’on pouvait être laissé tranquille, sans critiques, sans marchands, sans Salons, sans journalistes, sans hommes de lettres. Et il y a quelques raisons de croire qu’il le pensait vraiment. Peindre et appuyer les toiles contre le mur. Y revenir des heures plus tard -ou des décennies après (comme avec Melle Fiocre). Ne pas les faire sortir de la maison – et, une fois qu’elles étaient sorties, trouver des prétextes pour les reprendre et les retoucher. C’était là le rythme qui lui convenait. »

Roberto Calasso, La folie Baudelaire