« Même au milieu de l’existence moderne, et pour un homme tel que lui, il devait être possible de réduire toute action mondaine à n’être qu’un clapotis d’eau entendu jour et nuit, qui, bien qu’incessant, finit par faire partie du silence au sein duquel l’esprit est libéré. Et alors la vie de la chair, ses délices et ses tourments, et même le simple gagne-pain- les allées et venues quotidiennes au bureau ou à l’usine, l’exécution d’un travail qui semblait sans intérêt,-tout cela ne pourrait-il pas être considéré comme un labeur dont le sanctuaire spirituel est l’essence et la condition nécessaire ? (…) La solitude n’aurait pas de signification si elle n’était assiégée, ni la paix si elle n’était menacée. »

Fontaine, Charles Morgan

Louise Michel

« À Clemenceau et à Marboeuf qui venaient la visiter dans sa cellule:

– Comprenez-moi, Messieurs, j’aime être en prison. J’aime lire. De toutes les manières on passe sa vie en cage. On a l’impression de ne pas cesser un instant de limer les barreaux de sa cellule pour se retrouver dans une cellule plus grande. Chaque fois il s’agit bien sûr d’un élargissement mais ce n’est pas l’espace lui-même. J’aime être seule, j’aime lire, j’aime apprendre, j’aime étudier, j’aime écrire. Dès que la porte de la geôle se referme sur moi mon angoisse s’efface. En prison ma pensée est libre. Les soucis d’argent ne m’embarrassent plus. Je ne voudrais plus jamais de grâce. »

Pascal Quignard, Les désarçonnés

Choses que l’on entend parfois avec plus d’émotion qu’à l’ordinaire

Le bruit des voitures, au matin, le premier jour de l’an. Le chant des oiseaux. À l’aurore, le bruit d’une toux, et, il va sans dire, le son des instruments.